Vous en avez entendu parler, mais vous ne savez pas ce qui se cache derrière « l’intelligence émotionnelle », et pourquoi devriez-vous suivre une formation en intelligence émotionnelle ? Cet article a vocation à vous donner quelques éléments de réponse.

L’intelligence émotionnelle arrive souvent en tête des 10 ou 15 soft skills qu’il faut maîtriser aujourd’hui. Cette popularité n’est en rien un effet de mode ou un hasard : elle permet d’associer à l’intelligence cognitive (QI) une autre intelligence, celle d’utiliser nos émotions à notre avantage et non de les subir, donc d’exploiter pleinement notre potentiel, et par extension d’avoir des relations beaucoup plus fluides et satisfaisantes. Développer son intelligence émotionnelle, c’est saisir l’opportunité offerte à tous de vivre à la fois plus sereinement et plus efficacement, et de booster la performance collective.

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Nous autres français, depuis Descartes et son célèbre « cogito ergo sum », sommes convaincus d’être cartésiens, rationnels, et même parfois d’être plus intelligents que tout le monde … il n’est donc pas étonnant que notre éducation scolaire soit fortement basée sur les capacités cognitives, encore considérées en 2020 comme la manifestation de l’intelligence. Mais existe-t-il une seule intelligence ou des intelligences ? Le QI est-il réellement un indicateur pertinent quand on passe sa vie à faire autre chose que de résoudre des calculs complexes ou de la recherche en biologie moléculaire ?

L’intelligence émotionnelle serait 2 fois plus impactante que le QI 

C’est ce qu’affirme Daniel Goleman, l’auteur du best-seller « Emotionnal intelligence », dans la vidéo ci-dessous. Il fonde cette affirmation sur des dizaines d’études réalisées par de prestigieuses universités nord-américaines, montrant que les meilleurs salariés ont tous un niveau d’intelligence émotionnelle élevé.

Je le disais en peu pus haut, nous sommes persuadés d’être rationnels et cartésiens. Mais que vous arrive-t-il si vous vous retrouvez seulement une heure en compagnie de gens maussades, taiseux et fuyant tout contact avec vous ? Vous n’aurez plus qu’une envie, qu’une pensée : être ailleurs, pour chasser la morosité voire la mauvaise humeur qui vous gagne. Vous aurez en fait été contaminés par leurs émotions négatives, du fait de ce que les neuro-scientifiques appellent les neurones miroirs. Ces mêmes scientifiques vous diraient que oui, vous êtes cartésien, mais que vous êtes aussi émotionnel : vous pouvez décider de réfléchir, mais pas de ressentir une émotion. Nos émotions s’imposent à nous.

Sans intelligence émotionnelle, on ne voit que d’un oeil et on se cogne

Notre vie est constamment colorée par des émotions et des sentiments. Et heureusement ! Sans cela, nous ne serions que des machines. On se sent heureux, malheureux, à l’aise, sur la défensive, stressé, serein, abattu, ou plein d’enthousiasme, en forme ou fatigué. Ces sentiments et émotions que nous éprouvons sont à la base des signaux, des informations destinées à nous aider à survivre et à mieux vivre. Par exemple, une agression imminente déclenchera une peur qui vous poussera soit à vous battre, soit à fuir, soit à vous cacher. C’est un réflexe primaire de chasseur-cueilleur que nous avons tous, mais qui n’est pas forcément adapté à notre vie moderne puisqu’il n’utilise pas la partie de notre cerveau (le cortex pré-frontal) qui nous sert à réfléchir, à progresser. C’est tout le problème avec les émotions : quand nous sommes pris par une émotion forte, nous ne réfléchissons pas car ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui sont activées. Et donc, toute émotion non comprise, non analysée, entraînera une réaction essentiellement émotionnelle, ayant éventuellement l’apparence de la raison, mais en fait assez mécanique dans sa manifestation. Notre perception de la réalité sera incomplète, et le risque de répondre à côté du sujet, élevé. 

Le but d’une formation à l’intelligence émotionnelle est d’apprendre à utiliser aussi bien la partie émotionnelle que la partie rationnelle de notre cerveau, au lieu d’utiliser seulement l’une, ou l’autre. 

L’intelligence émotionnelle, compétence clé du manager

Un réflexe courant, quand nous sommes pris par une émotion négative, est de l’attribuer à une cause extérieure. C’est un piège dans lequel nous pouvons tomber faute de comprendre les mécanismes inconscients qui nous gouvernent. Apprendre à reconnaître nos émotions, à comprendre pourquoi elles surviennent, à quels besoins éventuellement non satisfaits elles correspondent, est une source formidable de connaissance de soi et de montée en puissance. Prenons un exemple : que fait un manager de ses journées ? Il parle, écoute, interagit, communique, négocie, prend des décisions. S’il ne maîtrise pas ses émotions, s’il ne comprend pas les émotions des autres, ça ne sera jamais un top manager. Souvenez-vous du pire manager que vous ayez eu. Etait-il émotionnellement intelligent ?

Un DG me confiait récemment qu’il avait eu pendant plusieurs mois un problème avec un de ses directeurs. Ce problème était survenu parce que la manière de fonctionner de ce directeur était trop différente de la sienne. Pas assez synthétique, trop dans le détail. Et ça avait le don de l’énerver ! Au point qu’il a envisagé de se séparer de ce directeur qu’il ne comprenait pas et qui l’exaspérait, même si sa performance était bonne. Il a fallu plusieurs mois et l’aide d’un coach pour que les 2 personnes passent de la souffrance à la joie de travailler ensemble. Encore une chance que ce DG ait été suffisamment cognitivement intelligent pour demander l’aide d’un coach, mais quelle perte de temps, d’énergie, d’efficacité ! Si ces 2 personnes avaient été formées à l’intelligence émotionnelle, elles auraient sans doute réagit différemment dès la survenance du premier sentiment d’énervement.

L’intelligence émotionnelle favorise la performance collective

Ce qui est valable pour nous l’est pour les autres. Nous éprouvons tous chaque jour, et même chaque heure qui passe, des émotions plus ou moins fortes, suivant ce que l’on vit et suivant son degré personnel de sensibilité émotionnelle. Développer notre intelligence émotionnelle consiste à apprendre à identifier nos émotions, à les utiliser à bon escient et non à les subir, à dissocier l’émotionnel du factuel, à être complètement soi-même avec les autres – en résumé, cela permet à chacun d’exploiter son plein potentiel. Identifier et analyser les réactions émotionnelles des autres permet de comprendre leurs besoins, d’adapter sa communication, de réduire les sources de malentendus et de conflits.

En synthèse, développer notre intelligence émotionnelle permet d’accroître notre connaissance de soi et des autres, d’élever notre niveau de conscience, de nous concentrer sur nos objectifs. C’est un formidable booster de coopération et de performance collective.