Credit photo : Virgin Pulse

Notre inconscient collectif nous a longtemps fait associer performance et souffrance.

Rien n’est moins sûr à la lueur des observations récentes, scientifiques et statistiques, portant sur des milliers d’entreprises et d’individus. D’après ces études, la performance dépend avant tout du bien-être que l’on a, ou pas, à travailler. Bonne lecture !

Non, le bien-être au travail ne s’oppose pas à la performance

C’est le titre d’un article de « The Conversation » qui décrit parfaitement la force de l’inconscient collectif dans notre relation au travail : « les dirigeants de nos entreprises ne sont pas fondamentalement opposés à cette idée, mais ils aimeraient avant tout que cette promotion du bien-être au travail ne se fasse pas au détriment de la performance de l’entreprise. Concilier bien-être et performance reste en effet relativement antinomique pour nombre d’acteurs. Comme s’il semblait difficile d’obtenir de la performance sans souffrance, et comme s’il paraissait délicat de maintenir un niveau élevé de performance avec des salariés en situation de bien-être. »

Mais cet article relate également les résultats de l’enquête menée auprès de 271 entreprises du secteur public et privé et qu’elle conclue en ces termes : « L’idée que la performance doit se faire aux dépends du bien-être des salariés est donc battue en brèche par ces résultats.

Au moment où la recherche de compétitivité apparaît comme un dogme tout puissant devant surpasser tous les autres, ces éléments plaident pour une action résolue en faveur du bien-être des salariés. L’excuse d’une priorité donnée à la performance ne tient plus. Travailler au bien-être, c’est avant tout créer les conditions de la performance, et vice versa. Ainsi va la résolution de ce paradoxe. »

L’engagement des français au travail : une question de bien-être et de sentiment de justice

C’est le résultat d’une enquête réalisée par L’IÉSEG School of Management – CEGOS, en partenariat avec l’institut CSA, auprès de 1005 répondants représentatifs de la population française. Il ressort de cette enquète que « le sentiment de bien-être et d’épanouissement a un fort impact sur l’engagement (…) Nos résultats permettent ainsi à des managers de définir des pistes d’action concrètes pour prendre soin de leurs salariés au service de la performance à long terme de leur entreprise. »

Comment concilier la performance et le bien-être au travail ?

Cette question a été abordée par une étude du MBA RH de l’université Paris Dauphine. Remarquablement documentée et complète, elle rencense sur plusieurs dizaines de pages les modèles théoriques reliant bien-être et performance ainsi que des enquêtes réalisées auprès de plusieurs milliers de personnes, pour arriver à cette conclusion : « Pour les salariés, éprouver un sentiment de bien-être au travail est sans aucun doute positif. Il en est de même pour les organisations : le fait d’avoir des collaborateurs avec un degré élevé de bien- être apporte de nombreux bénéfices dont une performance accrue, un absentéisme réduit, des frais médicaux moindres ne sont que peu d’exemples. »

Bonne ambiance et performance : l’équation gagnante

Ce titre résume bien le contenu du dossier paru dans « Les Echos executives« . On y découvre que « L’épanouissement est devenu la cinquième valeur la plus désirée en entreprise, d’après le Baromètre des valeurs des Français établi par le cabinet de conseil Kea & Partners. ». Et aussi que « Pour être performante, l’entreprise doit offrir un environnement propice à l’initiative. C’est le principal enseignement d’une étude du cabinet de conseil Oresys. » Et enfin et surtout que : Dans 79 % des entreprises les plus performantes, les cadres considèrent leur manager comme un « leader inspirant, bienveillant, qui prend en compte leur point de vue et les soutient ».

90 % des salariés pensent que la santé et la qualité de vie au travail contribuent à la performance de l’entreprise

C’est « la data » qui ressort de l’étude Malakoff Humanis santé au travail conduite en septembre 2019. Ce taux de 90% est intéressant car il reflète une croyance (validée par les neurosciences) contre laquelle il sera difficile de lutter. Une autre étude Malakoff Humanis sur l’absentéisme en entreprise novembre 2019 montre que « 63 % des dirigeants que le Groupe a interrogés souhaitent que leur entreprise soit accompagnée sur la détection des facteurs de risques d’arrêts*, ce qui valide l’opportunité qu’il y a à prévenir les risques psychosociaux (RPS).

Les salariés heureux sont 31% plus productiffs

Telle est la conclusion à laquelle est arrivé Shawn Anchor dans un article de la Harvard Business Review intitulé « The Happyness Dividend » ; Schawn Anchor est célèbre outre-atlantique pour avoir écrit « The Happyness advantage » et fait une conférence TED visionnée plus de 11 millions de fois : « A decade of research proves that happiness raises nearly every business and educational outcome: raising sales by 37%, productivity by 31%, and accuracy on tasks by 19%, as well as a myriad of health and quality of life improvements. Et de conclure : « Yet even those companies that do take leadership training seriously still ignore the role that happiness plays in leadership effectiveness. »

C’est officiel: des salariés heureux signifie entreprise performante

On passe à la vitesse supérieure avec cette conclusion du World Economic Forum se basant sur une meta-analyse de 339 études independantes aggrégées par Gallup « including the wellbeing and productivity of 1,882,131 employees and the performance of 82,248 business units, originating from 230 independent organisations across 49 industries in 73 countries. » Cet article très documenté conclut qu’il faut maintenant se pencher sur les moyens d’augmenter le bien-être au travail pour toute entreprise souhaitant augmenter sa performance ».

Les salariés ont besoin d’un bien-être élevé pour générer une performance élevée

Encore plus fort : Gallup justifie cette affirmation détonante par les résultats produits par des enquêtes construites en partenariat avec des psychologues et d’autres scientifiques, portant sur 98% de la population mondiale. Dans ce rapport, Gallup fait clairement le lien entre motivation, engagement et performance … et un autre entre stress, désengagement, burn-out et turn-over.

La productivité est liée à la sécurité psychologique

Si une entreprise ne peut être soupçonnée d’angélisme, c’est sans doute Google. C’est d’ailleurs par hasard, en souhaitant accroître la productivité de ses équipes, que Google en est arrivée à cette conlusion : pour qu’une équipe maximise sa productivité, il faut que chacun de ses membres ait attteints un certain seuil de sécurité psychologique. Ce qu’on peut décomposer en 2 pré-requis : pouvoir s’exprimer sans crainte du regard des autres, et pouvoir essayer et échouer sans craindre de perdre son job.  Vous pouvez creuser le sujet en lisant cet article très complet du NY Times.

Last but not least …

Non seulement il n’est pas le dernier, mais il est même un des premiers si ce n’est le premier.  On en avait du reste parlé dans cet article. De qui parlons-nous ? De Sir Richard Branson, qui, il y a déjà 30 ans, à une époque où on ne se souciait pas autant de bien-être au travail, disait que le meilleur moyen d’avoir des salariés performants, créateurs de valeur, étaient qu’ils soient heureux. Dans cette infographie, Virgin décrit les 5 qualités indispensables pour être un bon manager : disponibilité, écoute, empathie, calme, et volonté authentique de se soucier du bien-être des gens. Les soft skills et la bienveillance au service du bien-être et de la performance, en quelque sorte 😉