Comment bien vivre cette période inédite, qu’on soit seul, ou obligé de cohabiter avec son conjoint et ses enfants, dans un espace contraint ? Cette perspective peut susciter quelques inquiétudes légitimes mais rassurez-vous : on peut vivre heureux en étant privé de liberté. Comme le disait José Mujica, l’ancien Président uruguayen qui a passé 10 ans en prison dont 7 à l’isolement, « le bonheur, c’est dans la tête » .

Adaptez-vous et organisez votre vie

La première attitude consiste donc à questionner nos croyances et nos habitudes : face à cette situation inédite, il va falloir imaginer de nouvelles façon de vivre. Analysez de quoi vous avez besoin et ce qui vous rend vraiment heureux. Et organisez vous en conséquence : historiquement, lors des grandes crises de l’humanité, ce sont les espèces qui s’adaptaient le mieux qui ont survécu.

 

Prenez soin de vous

Prenez soin de votre corps. C’est la règle n°1 à respecter. Vous êtes habitué à marcher ou à faire du sport en semaine ? Continuez autant que possible. Chez soi d’abord : seul ou à plusieurs, chacun peut faire des assouplissements, des étirements, du gainage, de la relaxation, de la cohérence cardiaque, de la musculation.  A l’extérieur ensuite : le décret du 16 mars nous autorise à faire de l’exercice physique autour de notre domicile, utilisons cette permission pour nous aérer, marcher, courir, trottiner … à au moins 1 mètre des autres et sans prendre de risques : au moment où l’offre de soin est réduite, autant éviter de se casser une jambe !

Prenez soin de votre esprit. Nos pensées guident nos actes. Si vous pensez que cette période de confinement sera dure, elle sera dure. Si vous la voyez comme une opportunité de vivre autrement, elle passera beaucoup mieux. Il est important de se créer un état mental positif, d’avoir des motifs réguliers de satisfaction  personnelle. Notre principal risque, en cette période trouble et sans repères, c’est de ne pas gérer notre stress – j’y reviendrai -, de ruminer et de rentrer dans des spirales négatives. Alternez les moments « pour vous » et les moments « avec les autres ». Travaillez, lisez, méditez, réfléchissez, faites des jeux de société  … faites ce que vous voulez mais occupez votre esprit ! 

 

Prenez soin des autres

Les sociétés humaines ne fonctionnent bien qu’avec des règles claires qui s’imposent à tous. Face au stress d’être les uns sur les autres dans un espace limité, il est important de créer des règles de vie que chacun peut comprendre et appliquer, pour le bien de chacun et de tous.

Notre bonheur est directement lié à la qualité de nos relations. Soyez égoïste, faites en sorte de vivre avec des gens heureux ! Votre intérêt, votre but ultime est d’avoir des relations harmonieuses avec les gens avec lesquels vous cohabitez. Cela implique – c’est fondamental – de gérer intelligemment nos émotions et celles des autres, que nous vivions avec eux ou qu’il s’agisse d’un parent isolé. On a plein de moyens pour communiquer (whatsapp, skype, etc), profitons-en.

 

Développez votre intelligence émotionnelle

Nous, français, sommes persuadés depuis le fameux « cogito ergo sum » de Descartes que nous sommes cartésiens, donc logiques et rationnels. Or nous savons aujourd’hui grâce aux avancées récentes des neurosciences que cette conviction est un leurre : nous sommes avant tout gouvernés par nos émotions. Pour être heureux, nous avons besoin de ressentir des émotions positives qui vont générer des pensées positives, et réduire notre stress. L’enjeu, c’est de gérer vos émotions ainsi que celles de ceux avec qui vous vivez.

On dit que le taux de divorce a explosé en Chine après le confinement et que cela inquiète les français, comme s’il s’agissait d’une fatalité. Ce n’est pas une fatalité si l’on vise l’excellence relationnelle. Voici quelques propositions :

– Définissez des règles de communication. Par exemple : on s’écoute, on ne se coupe pas la parole, on ne critique pas ce que l’autre vient de dire en disant « c’est nase » ou bien « t’es con », mais on exprime « un point de vue différent 😉 »

– Rappelez chaque jour ces règles et soignez votre communication

– Mettez de côté toutes les étiquettes (il est comme-ci, elle est comme-ça) que vous avez éventuellement collé depuis des années sur le front de vos proches

– Ayez en tête en permanence la question suivante : « que puis-je faire pour que les autres soient heureux ? »

– Ayez au moins une fois par jour un mot sympa, valorisant, reconnaissant ce que chacun à fait pour contribuer à la vie familiale

– Faites des câlins d’au moins 25 secondes, ça libère de l’ocytocine (hormone du bonheur) et fait diminiuer le taux de cortisol (hormone du stress).

– Si malgré tout cela vous êtes énervé.e, angoissé.e, stressé.e, en colère … exprimez calmement vos émotions et identifiez / comprenez celles des autres. Si malgré tout vous n’y arrivez pas, formez-vous à l’intelligence émotionnelle.

– Soyez positifs et solidaires. Dites bonjour aux gens que vous croisez dans la rue plutôt que de les regarder avec un oeil suspicieux en mode « il est infecté celui-là ou pas ? 🙂 »

Bref, créez les conditions permettant de vivre en bonne intelligence !

 

Fixez vous des objectifs

L’objectif est de sortir de cette crise en étant fier.e de ce qui aura été accompli pendant la période de confinement.

Rien de mieux que de se fixer des objectifs à court terme – disons 1 à 2 mois – et de les décliner en tâches quotidiennes :

– en travaillant

– en s’entretenant

– en se cultivant

– en faisant la cuisine

– en rangeant / bricolant / réparant

– etc …

Prenez l’habitude, chaque soir, de célébrer à voix haute ce qui a été accompli dans la journée.

Enfin … n’oubliez pas d’ouvrir les fenêtres à 20 heures pour applaudir et encourager nos soignants !!

Bon courage à toutes et tous !